Les colonies de vacances des Frères de Besançon

Juillet-août 2019  Tous les documents publiés

Chronologie des événements de 1948 à 2017

En 1948, avec la création d’une colonie pour les juvénistes durant les grandes vacances, débute les colonies des Frères de Besançon. C’est le Frère Gabriel Vieille-Mecet (F. Ramir-Gabriel), alors directeur du juvénat, qui lance la colonie « La Riante » à l’école Saint-Joseph de Pontarlier. Elle dure deux ans. Puis, pendant une dizaine d’années, les colonies se déroulent à l’école Saint-Joseph de Semur-en-Auxois, en Côte-d’Or. En 1962, les colonies, appelées « Vent de Joie », sont déplacées à l’école Saint-Joseph de Levier, dans le Doubs. Ces différentes colonies accueillent des juvénistes et des élèves de différentes écoles des Frères.

Après 1963, les établissements scolaires ne peuvent plus accueillir de colonies. Il faut donc trouver un autre site.

La colonie à Besançon

La Mine « Gai Soleil »

Or, depuis 1951, les Frères de l’école Saint-Joseph de Dijon avaient fondé la colonie « Gai Soleil » sur l’ancienne mine du Grand-Denis située sur la commune de Flangebouche mais près de Longemaison, dans le Haut-Doubs, à 950 mètres d’altitude. Cette mine, exploitée depuis 1780 produisait jusqu’à 1 000 tonnes de lignite par an au début du XXe siècle. Elle est fermée en 1951 et les Frères de Dijon rachètent les bâtiments pour y installer une colonie. Frère Pierre Thiriat en assure alors la direction.

Le site de la colonie « Gai Soleil »

En 1964, Frère Gabriel Vieille-Mecet prend le relais avec ses juvénistes. En tant que président de l'Association de La Salle (association de gestion pour les colonies), il signe un bail avec le Syndicat des Enseignants Libres du Centre-Est (SELCE : reconnaissance juridique des Frères du District de Besançon) pour une durée de neuf ans reconductible. Il améliore les locaux par un abri en dur et de grandes tentes supplémentaires. Chaque année, deux colonies de plus de 100 participants se succèdent en juillet et août. La majorité des colons débarquent du train sur la ligne Besançon-Morteau-Le Locle à un arrêt spécial, au passage à niveau situé juste en bas de la colonie.

À la piscine de la colonie « Gai Soleil »

L’encadrement repose sur de nombreux Frères assistés de jeunes moniteurs, tous bénévoles. Plusieurs Frères vont se succéder comme directeurs : Christian David, Daniel Durand, Adrien Veinard.

En 1974, les Frères responsables de l’Association passent la main à une équipe laïque. M. Gilbert Prêtre dit « Maxi » en prend la responsabilité.

En octobre 1979, un nouveau bail est signé entre le président du SELCE, Frère Marcel Aubel, et le président de l’Association de La Salle, M. Gilbert Prêtre, pour une durée de trente ans.

Le repas en plein air à la colonie « Bel Entrain », Semur-en-Auxois

Diversification des activités

À partir de 1980, un nouveau plan d’aménagement permet d’accueillir des groupes en toutes saisons avec 85 lits, une grande salle d’activités, une salle de restaurant pour 110 couverts. Le centre peut accueillir stages de formation, des classes de neige ou nature, associations, familles… Les colonies continuent de fonctionner en juillet-août. L’Association de La Salle, gestionnaire de « Gai Soleil » est agréée par « Jeunesse et Sports » et perçoit les chèques vacances.

En mai 1982, les locaux rénovés sont inaugurés en présence du député, M. Vuillaume, du président de la Caisse d’allocations familiale de Besançon, de l’inspectrice « Jeunesse et Sports » et des maires de Flangebouche et Longemaison.

Difficultés et cessation

En 1992, le Syndicat des Enseignants Libres du Centre-Est (SELCE) dont le siège social est à Besançon, fait donation du domaine de Flangebouche à la Fondation de La Salle, organe gestionnaire du nouveau District France.

Au cours des années suivante, l’Association rencontre des difficultés financières pour rembourser les emprunts contractés lors de l’agrandissement des locaux et pour répondre aux exigences de la commission de sécurité. En septembre 1998, l’Association fête ses 50 ans.

En 2000, suite à une étude approfondie de la mine par le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) l’entrée de la mine doit être fermée par une grille pour permettre le passage des chauves-souris !

En octobre 2017, la Fondation de La Salle met en vente la propriété du Grand-Denis à Flangebouche soit 2 ha 51 de terrain et divers bâtiments. Elle est achetée par des particuliers.

Le fonctionnement ordinaire des colonies

Durant les années 1950, les colons revêtaient un uniforme de type scout avec foulard, au moins le dimanche, et dans les grandes circonstances. Chaque colonie se divisait en trois groupes d’âges : les petits, les moyens et les grands et chaque groupe, en équipes de 6 à 8 garçons avec un nom, un fanion…

Une journée historique, en 1328, à Semur-en-Auxois

Les activités journalières

  • Le matin, des ateliers d’activités manuelles : bricolage, poterie, cartonnage… ou sportives : jeux collectifs, foot… répétition de chants, de théâtre… et messe en fin de matinée quand il y avait un aumônier.
  • L’après-midi, sieste obligatoire avec lecture puis grands jeux : jeux de piste, découverte de la nature… et suivant le temps, baignade en rivière à Saumaise pour les colos de Semur-en-Auxois ou en piscine à La Mine.
  • Chaque soir, une veillée pour tous ou par niveau avec chants, jeux, contes… ou un feu de camp. Pour les moniteurs, après l’extinction des feux… soirée bilan, préparation des activités du lendemain, cinquième repas et bonnes rigolades !

Lancement de la soucoupe « Vent de Joie » à Levier

Autres événements

C'est l'organisation de Jeux Olympiques, de journées « Gaulois contre Romains », du lancement de la fusée à Levier ou de la participation de la colo de Semur-en-Auxois comme figurants du film d’Yves Robert Ni vu, ni connu avec Louis de Funès, en 1957...

Pour les grands et les moyens, un mini-camp de 3-4 jours sous tente ou dans les locaux d’une ferme de la région.
En cas de pluie, (et ça pouvait être fréquent à La Mine « Gai Soleil » certaines années !) : cinéma.

La colonie des Indiens et son totem

Jusqu’en 1972, au moins, les moniteurs ne bénéficiaient d’aucun jour de congé ni de rémunération ! À la fin de la colo, un repas au restaurant clôturait le séjour.

Jusque dans les années 1970, les colonies duraient trois semaines. Puis 15 jours et même des séjours d’une semaine où les colons se succédaient. La rénovation des locaux, la rémunération des moniteurs et responsables vont faire augmenter le prix de séjour d’une manière importante ; il faut s’adapter aux demandes et aux possibilités des familles.

Frère Michel Chaussier

Sources documentaires :
Notice du Frère Gabriel, albums photos du Frère Lebreton, témoignages de Frère Christian David (directeur), de Frère Michel Chaussier (colon en 1961-1962 et moniteur de 1970 à 1973). Dossier de la Fondation de La Salle sur Flangebouche. Actes notariés. Compte rendu sur La Mine du BRGM en 2000 sur Internet.

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