Le fonds de l'école de La Roche-sur-Yon

Octobre 2025

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Après une tentative en 1825, les Frères sont à nouveau demandés en 1864, par M. l’abbé Huvelin, curé archiprêtre de La Roche-sur-Yon, pour fonder une école gratuite. Ils y resteront jusqu’en 1992.

La partie historique du fonds et les recherches du Frère Yves Poutet permettent de retracer l’histoire de l’établissement. Le fonds contient des informations concernant la construction ou la réfection des bâtiments, des dossiers traitant de l’administration de ce patrimoine ou du personnel. Une petite partie est consacrée au fonctionnement de l’établissement, aux festivités organisées et à l’amicale des anciens élèves.

Une première école à « Bourbon-Vendée ».

Une première école des Frères ouvre à Bourbon-Vendée le 25 avril 1825, à la demande réitérée de l’évêque de Luçon, Mgr René François Soyer, et de M. le maire. Il s’agit d’une école communale de garçons dirigée par le Frère Ladislas (Nicolas Morize). Rapidement, elle accueille 220 élèves et doit en refuser beaucoup.
Cette école ferme le 1er janvier 1831 par décision municipale.

En 1841, une école ouvre sur la commune des Herbiers. Elle fonctionne jusqu’en 1886, date à laquelle la laïcisation est décidée : les locaux doivent être remis à un directeur laïc. Nous possédons dans le fonds une copie de l’arrêté de fermeture.

Le début de l'établissement de La Roche-sur-Yon

En 1864 les Frères sont à nouveau demandés par M. l’abbé Huvelin, curé archiprêtre de La Roche-sur-Yon. L’Institut ne veut se charger que d’une école gratuite et résiste pendant plusieurs années à toutes les instances concernant le pensionnat. Mais l’abbé achète un terrain et y fait construire un grand établissement destiné à recevoir des internes et une école gratuite ; le tout n'est accepté par l’Institut qu’après des démarches nombreuses et réitérées. Mlle Auvynet fourni tous les fonds. L’intention formelle des fondateurs est que ces fonds servent à l’entretien d’un pensionnat et d’un école gratuite dirigée par l’Institut.

Le curé Huvelin, atteint de paralysie partielle, vend fictivement l’immeuble (décembre 1879) à l’Institut qui possédait tontine : l’acquisition est faite à titre de pacte aléatoire le 29 décembre 1884. 

Plus tard l’Institut vend l’immeuble à la Société de la « Pivardière » à Nantes. Cette Société le vend à l’évêque sous le nom d’un propriétaire, M. Auvynet, petit-neveu de la fondatrice.

En 1874, l’école des Frères s’installe à Mirville (actuellement Richelieu), un quartier du centre de La Roche-sur-Yon. Le 5 septembre 1878, la déclaration d’ouverture d’école libre avec pensionnat de l’Immaculée Conception, est déposée par le Frère Clairens (Auguste Plouët), directeur.

En 1879, les Frères émigrent dans un immeuble donnant sur la Place Napoléon ; c’est l’institution Sainte-Marie.
En mai 1887, ils installent l’école gratuite Saint-Louis, rue Molière (aujourd’hui, rue Jeanne-d’Arc). 
Les premiers ateliers sont créés à Mirville en 1895.

Ancienne façade

Le temps de la sécularisation

► En 1905, après les lois sur les congrégations de 1904 interdisant aux Frères d’enseigner, la propriété de l’école revient aux ayants-droits : la Société de la « Pivardière » de Nantes. L’école gratuite est fermée et transférée à Mirville (1904-1908) ; et en 1907, le pensionnat est définitivement fermé et devient « Petit séminaire » en 1908.
Les Frères sécularisés créent une nouvelle école libre de garçons au 12 rue Thiers (ancienne clinique Saint-Charles).

► En 1920, l’école Saint-Louis s’installe définitivement Place Napoléon où elle s’agrandit progressivement.

► En 1925, le nouveau directeur Frère Dioclès-Étienne (Firmin Fumoleau) demande à l’évêque de soutenir l’ouverture d’un internat afin d’augmenter les effectifs, limités alors à une centaine d’élèves. Il n’accepte de soutenir qu’un externat professionnel. En 1927, les effectifs progressent légèrement mais les résultats au certificat d’étude officiel sont « humiliants ».

► En 1930, le cours complémentaire est annexé à l’école primaire. Les effectifs progressent mais les locaux sont insuffisants. En 1932, des travaux d’agrandissement commencent. L’école accueille 315 élèves. Les résultats aux différents examens progressent et les effectifs suivent.

► En 1933, le premier atelier de ce qui deviendra l’école technique Saint-Louis, ouvre. Le pensionnat est réinstallé en 1934, et jusqu’en 1978, le collège devenant mixte. En juin 1935, l’immeuble situé au n° 23 de la Place Napoléon est acquis.

► En 1936, on compte 5 Frères et 7 professeurs civils pour 390 élèves dont 70 pensionnaires. Le Frère Dioclès-Étienne est remplacé par le Frère Claude-de-Jésus (Antoine Fillaudeau), en 1938. 

Saint-Louis côté place Napoléon
La cour de l'école

Les années de la seconde guerre mondiale

L’année 1939 voit la suppression de l’internat entrainant une baisse de 70 élèves. Avec la guerre, une partie des enseignements professionnels sont supprimés. En 1940, l’école accueille des réfugiés du Nord de la France. Le Frère François-de-Sales, secrétaire général de l’Institut, y sera reçu.

En août, l’école est occupée par l’armée allemande ; la rentrée s’effectue dans différents locaux paroissiaux mis à la disposition de l’école. Il faut loger 362 élèves dont 28 pensionnaires.

Des élèves appliqués
Corps professoral

Le Frère Taylor (citoyen britannique) assure la fonction de préfet de discipline mais il est arrêté par la police allemande et interné à Saint-Denis. Il est remplacé par le Frère Charles-Stanislas (Henri Diet), démobilisé. En 1941, les Frères reprennent l’habit religieux.
En 1942, la direction est assurée par le Frère Charles-Ernest (Henri Michaud). Au départ des occupants, il faut entreprendre de lourds travaux de rénovation.

Façade principale
La chapelle
Ajustage
Menuiserie

Des évolutions successives

  • En 1945-1946, on compte 8 Frères et 8 professeurs civils pour 415 élèves dont 104 pensionnaires. L’évêché cède le 24, place Napoléon au Frères, en 1946.

Le collège et l’école technique ouvrent en 1947 avec une section « Réparation automobile ».

Grâce aux prisonniers allemands, une partie des locaux est rénovés. En 1949, les ateliers sont agrandis. Le recrutement des maîtres civils devient difficile car les salaires sont très bas et les aides extérieures rares. Les familles doivent supporter la majorité des frais de scolarité. Le pensionnat permet de vivre.
En 1956, les ateliers évoluent avec l’ouverture d’une section « Diesel » mais aussi la fermeture de la section « Menuiserie ». L’ensemble scolaire compte 500 élèves. Les locaux, anciens, deviennent insuffisants. Il faut s’agrandir.

Atelier en 1946
Peinture des classes
Construction

L’Amicale des anciens élèves « Mirville-Saint-Louis » compte plus de 800 membres.
Les effectifs progressent en 1958 avec 547 élèves dont 118 internes. Il faut construire de nouveaux bâtiments. La Société civile immobilière d’éducation populaire (S.C.I.) devient la « Société anonyme immobilière Saint-Louis » (S.A.I.) en 1961. 

En 1963, l’ensemble des bâtiments des 23 et 24 place Napoléon ne permettent plus la cohabitation des classes du primaire, du collège, du technique et du pensionnat.

Cour intérieure
Chapelle

En avril 1963, le conseil d’administration décide de l’achat d’un terrain route de Mouilleron, au lieu-dit « La Closerie ».

Le 1er octobre 1965, le lycée technique Saint-Louis s’installe route de Mouilleron (aujourd’hui L.E.P. Saint-Louis, rue Pierre Brossolette).
L’école primaire et le collège restent Place Napoléon.
En 1978, le collège devient mixte et l’internat est fermé.

En 1979, les Frères quittent la direction du collège qui passe sous tutelle diocésaine

En 1981, l’ « Association yonnaise d’éducation et d'enseignement » (A.Y.E.E.) se transforme en O.G.E.C, pour assurer la gestion du collège et du lycée.  En 1982, l’Institut abandonne ses droits canoniques de propriété sur les terrains et bâtiments de la place Napoléon, à l’A.S.L.C ( l'« Association Saint-Louis La Closerie ») . Celle-ci devient l’« O.G.E.C. La Closerie », en 1988.
Le 14 octobre 1989, un nouveau bâtiment du lycée professionnel est inauguré.

Les 2 derniers Frères quittent définitivement le collège en 1992. Il compte alors 25 classes.
Le Frère Clément-Pierre (Pierre Pubert) quitte l’Étoile sportive Saint-Louis après 47 ans de présence. Cette association se distingue par ses nombreuses activités et trophées remportés. Un stade de la ville porte le nom de « Frère Clément ».

Les archives de l’établissement et leur classement

Les boîtes

Nous ne possédons pas beaucoup d’informations quant à la conservation antérieure de ce fonds. Les archives de cet établissement ont été stockées à Talence et à Nantes. Elles ont été versées au centre des Archives lasalliennes de Lyon : celles de Talence en 2000 et celles de Nantes en 2002. Des photographies sont arrivées de Blain en décembre 2009. Seul un inventaire sommaire, dactylographié, était inséré dans un répertoire général du fonds des archives des écoles du District Atlantique.

Ce fonds était constitué de 8 boîtes de 10 cm de largeur chacune, d’un registre de comptabilité et d’un album photographique du Frère Maurice Michel, dispersés dans les magasins d’archives. Il est maintenant composé de 2 boîtes de 8 cm de largeur et de 3 boîtes de 15 cm ainsi que du registre de comptabilité et de l’album photographique.

Le Frère Yves Poutet, archiviste du District Atlantique à partir de 1975, avait regroupé la plupart des documents par année et les avait listés brièvement sur des pochettes chronologiques. Le fonds a été remanié : nous avons privilégié un classement des documents selon leurs sujets  pour plus de pertinence au moment des recherches.

L’inventaire est disponible en ligne, dans les instruments de recherche, sous la référence : 85 E 1 Fonds des établissements de La Roche-sur-Yon (1825-1992).